La machine disruptive – New Yorker

Dans le New Yorker, l’historienne Jill Lepore signe une très longue enquête sur l’innovation de rupture, chère à l’économiste Clayton Christensen, son confrère d’Harvard, auteur du Dilemme de l’innovateur et théoricien de l’innovation de rupture. Elle revient notamment sur les exemples que donnait Christensen dans son livre (écrit en 2003), par exemple sur Seagate, le spécialiste du disque dur présenté comme la victime achétypale de l’innovation de rupture, qui est toujours l’un des chefs de file du secteur, alors que la plupart de ses concurrents ont abandonnés, ou sur la concurrence que subissait US Steel, qui demeure toujours le plus grand producteur d’acier… Christensen n’annonçait-il pas en 2007 que l’iPhone allait échouer ? Pour Lepore, la théorie de Christensen est trop circulaire : “Si une entreprise établie ne perturbe pas, elle échouera, et si elle échoue, c’est parce qu’elle n’a pas perturbé son marché”. Un peu facile ! En fait, souligne-t-elle, les perturbateurs ne gagnent pas toujours…

Dans le New York Magazine, Kevin Rose, le créateur de Digg, estime que l’innovation de rupture est devenu l’évangile du secteur des technologies et ne cesse de se répandre au-delà. “Mais quand tout est perturbateur, rien ne l’est”, rappelle-t-il. Et beaucoup de ceux qui se présentent comme tels ne le sont pas, et ne sont que des innovations, que de l’optimisation ou de l’amélioration. Le problème est que nul ne peut être contre la perturbation des innovations de rupture… le changement étant toujours vu comme étant positif. Or, rappelle Lepore, l’innovation dans les services financiers nous a conduit à une crise financière mondiale. L’innovation de rupture est un mauvais prophète, conclut Lepore.  

Clayton Christensen a fait une réponse, mais je n’ai pas trouvé qu’elle apportait grand chose. 

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