Halo 2 : le succès… des DRM

Une image extraite du jeu Halo 2On l’aura largement entendu dans la presse, Microsoft a formidablement réussi le lancement marketing du jeu vidéo Halo 2 pour XBox. Ce que l’on sait moins, c’est que Microsoft a profité du lancement à grande échelle de son nouveau jeu pour traquer, via des technologies DRM, les consoles modifiées par leurs utilisateurs. Les propriétaires de ces consoles – modifiées pour faire tourner des jeux provenant d’autres consoles par exemple – se sont retrouvés avec des comptes suspendus quand ils ont essayé de se connecter à XBox-live, le service de jeu en ligne de Microsoft.
Jean-Baptiste Soufron
, juriste, profite de cet exemple pour fustiger les technologies DRM :

« Il n’empêche que Microsoft aurait pu s’y prendre autrement en se contentant d’identifier les consoles modifiées sur son réseau et de prévenir les autres joueurs en les laissant libres d’accepter ou non de jouer avec eux. Mais il s’agit d’un excellent exemple pour comprendre ce que signifie l’intrusion des DRM dans les ordinateurs des usagers : la perte du contrôle de leur outil informatique au profit du propriétaire des DRM qui pèsent sur leur matériel. Acheter un jeu et une console pour découvrir après coup que vous ne pouvez rien en faire d’autre que ce que son fabriquant a décidé de vous laisser faire : voilà un aperçu de ce que le monde de l’industrie musicale réserve au public pour les années à venir.« 

Mise à jour 06/12/2004 : Anthony Deshayes, qui anime un site spécialisé sur les consoles de jeux Xbox modifiées, nous fait remarquer, après enquête approfondie, que ce ne sont pas précisémment des technologies DRM qui ont été utilisées par Microsoft et que les restrictions d’accès ne portent pas sur le jeu Halo 2 lui-même mais sur l’ensemble du service Xbox-live. Sur le fond néanmoins, le résultat demeure sensiblement identique : Microsoft a rajouté un niveau de contrôle supplémentaire et le contrôle du numéro de série ou des informations matérielles donne au final des résultats assez proche. On pourrait même dire que c’est une forme de DRM. C’est à tout le moins comme cela que l’entendait – je pense – Jean-Baptiste Soufron.

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1 commentaire

  1. Encore un bel exemple des libertés individuelles baffouées.
    Nous sommes de plus en plus à la merci des sociétés multinationales qui imposent leur vision du monde, réglementé à souhait. Même les gouvernements n’arrivent pas -ou ne veulent pas- prendre des décisions à ce niveau.
    C’est la même histoire avec les systèmes, soit-disants, anti-copie des Compact Disc. Cela n’empêche nullement la copie par semi-remorques entiers en Asie, Moyen-Orient et Amérique du Sud, mais les consommateurs honnêtes se retrouvent avec des produits qui ont finalement des défaut cachés puisqu’ils ne sont plus lisibles sur toutes les plateformes. Le CD se voulait au départ universel (d’ailleurs Philips ne considére pas les CD protégés comme réellement des Compact Disc correspondant à leur invention conjointe avec Sony), sauf qu’il devient bridé par simple manque de vision et réalité du monde.
    Le progrès c’est une bonne chose mais quand on a à faire à ce genre d’idées, cela ne fait plus envie.

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