Web 2.0 : centré sur l’utilisateur, vraiment ?

Pourquoi dois-je utiliser trois outils différents de “signets sociaux” plutôt qu’une plate-forme fondée sur un standard commun, dans laquelle tous les services viendraient puiser pour permettre à ceux qui constituent mon réseau de suivre mes signets quelle que soit la plate-forme qu’ils utilisent ?

On le savait, le « web 2.0 » ne se définit pas vraiment par un degré ou un type particulier d’innovation technique. Il se comprend plutôt comme une plate-forme de services, c’est-à-dire une floraison d’outils censés donner du choix et du pouvoir à l’utilisateur en réseau.

Mais voilà, avec le temps, le web 2.0 ressemble de plus en plus à un catalogue de la Manufacture d’armes & cycles (vous ne connaissez pas ? C’est un morceau d’histoire de France), proposant des collections toujours plus vastes d’outils aux capacités toujours plus innovantes et en même temps, à la longue, de moins en moins différenciantes – si ce n’est le nombre d’utilisateurs, qui donne une dimension particulière à certains services. Un catalogue dans lequel l’internaute est censé devoir puiser, avec plus ou moins de liberté (choisissè-je un service pour ses qualités propres, ou bien mes proches m’imposent-ils de fait celui qu’ils utilisent ?) et dont l’agrégation du choix final, numériquement valorisé, est à la source de toute une « nouvelle nouvelle économie ».

On finit par se perdre dans la redondance de ces services. On utilise les outils du web 2.0 comme on utilise plusieurs logiciels de messagerie instantanée (parce que les enfants sont sur MSN, les relations de travail sur Skype et les amis sur Google Talk…). Et nous voilà contraint de surfer entre Del.icio.us, Furl, Blogmarks et StumbleUpon pour gérer nos signets, entre Yahoo, FlickR, Fotolia et autres Webshots pour nos photos, entre Zoho, Writeboard, Google Spreadsheets pour nos documents partagés… Nos réseaux sociaux nous imposent leurs services et ceux-ci nous imposent leurs contraintes, en pleine connaissance de cause : il s’agit, d’une part, que nous attirions à notre tour nos relations dans leurs filets et d’autre part, de rendre la migration vers des services concurrents plus difficile.

Listes de services web 2.0

Comme le remarquait déjà Karl Dubost, fleurissent ainsi sur les sites des bataillons d’icônes, « comme autant d’épaulettes de haut gradé militaire à la plus belle période de la guerre froide ». Nous sommes sollicités par une redondance d’outils entre lesquels il devient impossible de prendre son parti. Où l’utilisateur doit faire son choix, son marché, son ménage, au petit bonheur la chance.

Et dire que naïvement, nous pensions que l’internet et le web tiraient leur force de l’interopérabilité. Et dire que nous pensions que le web 2.0 était « centré sur l’utilisateur »…

Pourquoi donc devons-nous nous déclarer à tous ces services, totalement redondants entre eux ? Pourquoi dois-je utiliser trois outils différents de « signets sociaux » plutôt qu’une plate-forme fondée sur un standard commun, dans laquelle tous les services viendraient puiser pour permettre à ceux qui constituent mon réseau de suivre mes signets quelle que soit la plate-forme qu’ils utilisent ? On se croirait revenus aux premiers temps de l’informatique, quand un texte écrit sur Mac ne s’ouvrait pas sur un PC et vice versa !

Le web 2.0 qui fait ses gorges chaudes des web services, n’a cure de l’interopérabilité. Le web 2.0 qui se gargarise de décentralisation, n’a, la plupart du temps, que le souhait de centraliser vos données dans ses services.

On devine bien que cela ne tiendra pas longtemps comme cela. Que passé l’enthousiasme des premiers utilisateurs, il sera plus difficile de convaincre des particuliers, des entreprises ou des services publics de se mettre à ce modèle – malgré ses indubitables avantages.

Prenons l’exemple d’une collectivité territoriale désirant constuire un système d’information géographique (SIG) dans lequel ses partenaires, voire tout un chacun, pourraient venir piocher et déposer des données. Sur quelle base bâtir le service ? Un service « web 2.0 » tel que Google Maps (comme le propose Comité touristique de la Vendée), Yahoo ! Maps, ou Windows Live Local de Microsoft ? Le Géoportail de l’IGN ? Faut-il bâtir 4 services ? Sur quels critères ? Celles des fonctionnalités existantes ou celles de fonctionnalités qui se transforment sans cesse et sur lesquels nulle n’a une vision précise à court ou moyen terme ? Comment mesurer les avantages et inconvénients de chaque solution ? Comment même décider d’investir, alors que le kriegspiel entre les acteurs du web 2.0 ne permet à personne de prévoir comment évolueront les fonctions de chaque service, lequel fédèrera le plus grand nombre d’utilisateurs, ce que deviendront nos données et quel usage il en sera fait ? La collectivité doit-elle développer sa cartographie ad hoc, même si elle ne pourra jamais suivre le coût d’innovation que cela suppose et que ces géants sont capables d’y mettre ? Comment motiver le choix – et donc le coût – d’un service plutôt que d’un autre ? Sans compter que si le choix s’avère mauvais – par manque d’innovation technique ou par manque d’utilisateurs de la plate-forme -, cela nécessitera-t-il de tout jeter et tout recommencer ?…

Nous le disions déjà il y a plusieurs mois : il est temps pour le web 2.0 de grandir un peu.

Hubert Guillaud

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29 commentaires

  1. Cher hubert Guillaud,
    Votre article est certes intéressant car parsemé d’exemples, mais je me demande si la Fing n’est pas en train de reproduire ce que l’on reproche souvent à la presse: contredire ses propres affirmations antérieures émises en plein buzz?
    Lors des annonces pétaradantes ici même (mais pas sous votre plume) que n’avons-nous subi de prose exhaltée sur le Web2.0, l’Entrenet (s’il est un exemple de redondance, c’est bien celui-là!), toutes choses qui ne sont que des emballages nouveaux sur une pratique évoluant dynamiquement d’elle-mêmee, mais que d’aucuns tentent de s’approprier en faisant des discours super-théorisés.
    Un peu de simplicité ne ferait pas de mal à la Fing, car celà nuit à sa mission première, de veille de l’innovation qu’elle remplit par ailleurs assez bien.

  2. Je ne peux pas repartir de cette page sans ajouter un ou deux petits trucs.

    D’abord merci pour la réflexion. C’est toujours interessant ce qu’on lit ici et même si j’ai aujourd’hui des remarques, c’est bien parce que vous avez réussi à me faire réfléchir.

    – « Pourquoi est-ce qu’il y a autant de services redondant dans le web 2.0 ? » Tout simplement parce que tout le monde essaie de faire mieux que le voisin ! Pourquoi est-ce qu’il y a plusieurs marques de boites de conserve ? C’est le marché. Chaque société cherche soit à faire mieux que les autres soit à conserver sa part de marché. sur un segment spécifique, même si le client lambda n’est pas forcement capable de dire ce qui les distingue. L’interropérabilité va effectivement être indispensable, je suis d’accord à 200% mais il ne faut pas confondre interropérabilité et universalité voir encore plus grave : uniformité. L’exemple des messageries est bon. Il va falloir que tous les réseaux deviennent interropérable mais pas qu’il n’y ai plus qu’un réseau ! C’est tout de même différent. Il faut continuer de combattre la pensée unique.

    – « Il est temps pour le web 2.0 de grandir un peu ». C’est une blague ? On a pas fini non seulement d’explorer les nouveaux services possibles mais même pas d’améliorer les services existants (d’où parfois des similitudes entre produits). Comment trancher si tôt ce qu’on garde et ce qu’on jète pour passer à l’étape suivante ?

    – A propos du choix entre les 3 SIG, je ne comprends pas non plus pourquoi cette question semble vous poser problème. Aller, je vais être un peu ironique : on aurait qu’à appeler ça un « appel d’offre ». Ben oui, pourquoi accepter de comparer plusieurs offres pour le SI, plusieurs langages pour le site internet et ne pas vouloir comparer pour les API à utiliser ?

    Pour finir, cet article me donne une impression amère d’une personne déjà noyée sous tous ces nouveaux services. Une personnes qui a perdu la force et le plaisir de les découvrir, de les comparer, de les faire partager.

    Diantre ! Un peu de nerf ! On a besoin de vous nous.

  3. C’est toute la différence entre « centré sur l’utilisateur » et « centré sur les utilisateurs ». Ou comment on redécouvre que l’intérêt général n’est pas la somme des intérêts particuliers…

  4. Bonjour,

    Merci à Hubert pour cet article, je rejoins assez Manu, étant normalement moi-même libéral, sur l’aspet de la concurrence et du marché. D’ailleurs sans le marché on ne parlerait pas de Web tout court et L’Internet serait encore un tas de réseaux Minitel non connectés.

    Cela dit les utilisateurs de l’Internet et en particuliers ici du Web ne sont pas tous des entrepreneurs branché et/ou des anciens d’HEC. Dans cette petite bulle très stimulante nous devons poser dès maintenant les problèmatiques sous-jacentes, et il n’est plus trop tôt pour cela.

    Pistes, théoriques ET pratiques :

    – Compatibilité (interopera…truc)
    – Gestion des données personnelles (informations collectées, vos photos, etc.)
    – Pérennité des services et garanties (Webtooz ferme, que devenez-vous ?)
    – Modèle du tout gratuit / payant (notion de valeur du service)
    – Droits d’auteurs, production de contenu (repompe sans vergogne)
    – Boulversement de certains secteurs des média (presse papier)
    – Droit à la vie privée (ex. : je mets sur YouTube la vidéo de mon prof filmée avec mon mobile x 1 000 000)

    Ces questions n’étant pas des moindres, si je reste capitaliste, grosso modo nous n’allons pas tous en tirer un bonheur extatique 2.0, la gestion de ces questions aura un coût pour la collectivité qu’il faudra supporter et donc ponctionner de manière juste (je n’y crois pas bien sûr).

    Le Web 2.0 n’est en effet pas complètement centré utilisateur, à mon sens, les technologies liées au Web 2.0 (AJAX) et les principes d’ergonomie largement issus du Web « tout court », de la généralisation de XHTML/CSS/XML, ont posé les évolutions de demain (etc, etc) ce dont tout un chacun pourra bénéficier sans dire « 2.0 » dans chacune de ses phrases.

    A+

  5. Laurent > Je ne peux pas vous empêcher de penser qu' »EntreNet » et « Web 2.0 » c’est la même chose, mais vous faites à mon avis une confusion entre services et usages – ou pour le dire autrement : « offre » et « demande ». J’y reviens tout à l’heure.

    Le but de cet édito (ceci est aussi, un peu, une réponse à Manu) ne consiste pas à se plaindre de ce que le Web 2.0 ça va trop vite, ou qu’il ne fait pas le café – mais à constater que derrière les discours sur un internet « centré sur l’utilisateur » et « social », des stratégies de « lock in », de captation des réseaux d’utilisateurs, de fermeture, de création de monopole, sont à l’oeuvre. Et que celles-ci contredisent un peu le discours du web 2.0, voire, qu’elles pourraient en casser en ou affaiblir la dynamique.

    « Grandir » pour les acteurs du web 2.0, ce serait – disons-nous ici – prendre plus au sérieux l’enjeu des standards, pas seulement techniques, mais sémantiques. Pour, par exemple, permettre que des utilisateurs de plates-formes concurrentes puissent se parler et migrer. C’est difficile dans une période de bouillonnement telle que celle que nous vivons – que nous continuons de trouver formidablement excitante. Mais ça n’empêche pas de faire l’effort, par exemple dans certains des domaines déjà assez bien défrichés (ex. photos, signets…).

    Bien sûr, on comprend sans peine que chaque opérateur d’une plate-forme préfère capter 100% du marché et conserver à vie ses clients. Cela peut marcher pour quelques-unes d’entre elles (FlickR, peut-être ?). Mais on a le droit de ne pas adorer les monopoles. Et puis si ce pari échoue, alors on peut se retrouver dans une situation ou tout le monde est perdant, parce que le marché est beaucoup plus petit qu’il ne pourrait l’être. Imaginez qu’avec notre téléphone, on ne puisse appeler que les clients de notre opérateur et ceux des opérateurs avec lesquels le nôtre aura signé un accord, et vous aurez une idée du problème.

    Nous ne découvrons pas tout à fait le problème. Dans l’article originel sur l’EntreNet, j’écrivais par exemple : « Il paraît d’ailleurs étonnant qu’au sein de la communauté “Web 2.0″, culturellement plutôt proche du logiciel libre, l’on s’inquiète assez peu qu’à la faveur de la transformation des logiciels en services, les agrégateurs de nos liens sociaux se nomment aujourd’hui Yahoo! (propriétaire de Flickr et Del.icio.us), Google (propriétaire de la plate-forme Blogger et du réseau social Orkut), AOL, MSN, eBay… »

    Et l’EntreNet ? Ce mot décrit non pas un ensemble de services, mais des pratiques/usages qui nous semblaient intéressants et relativement neufs – à cette échelle – dans lesquelles les distinctions classiques entre « correspondance privé » et « médias », entre espace public et espace privé, entre « coopération » et « représentation », se brouillent. Plusieurs services et techniques du web 2.0 se prêtent à ces pratiques, mais il en est bien d’autres, à commencer par le mail ou la messagerie instantanée, le P2P, etc.

    La FING n’a pas seulement comme mission de veiller sur l’innovation. Notre rôle est aussi d’essayer d’aider les entreprises et les acteurs publics à en comprendre le sens, à les mettre en relation avec les mouvements de fond dans la société et l’économie, pour mieux fonder leur action et leurs décisions stratégiques – et même, dans l’idéal, dégager des inituitions nouvelles, ou soulever des questions avant tout le monde. Nous avons même le sentiment que parfois, nous atteignons ces objectifs.

    Cet effort nécessite souvent, entre autres, de trouver les mots qui vont décrire ce qui nous apparaît comme une tendance. Nous trompons-nous parfois ? Oui, même souvent. Cela ne nous empêchera pas de continuer à prendre des risques.

  6. Oui les services web 2.0 se ressemblent terriblement c’est du « Karaoke » de une manière générale, les services vraiments innovants sont finalement peut nombreux il serait temps de grandir et surtout de mûrir ce que manque terriblement .

  7. >Nous trompons-nous parfois ? Oui, même souvent. Cela ne nous empêchera pas de
    >continuer à prendre des risques.
    Excès de modestie Daniel … il n’y a pas eu tant d’erreur que cela, en tous les cas pas à ma connaissance depuis les 5 dernières années, sur les mouvements de fond.
    Je trouve qu’Hubert a été très gentils et je trouve tout à fait amusant de voir que l’on ne peut pas impunément « critiquer » tout le vent que font les marchands du temple.
    Il y a derrière « le web 2.0 » ni plus ni moins que cela que l’on nous promettais il y a 30 ans et le pourquoi j’aime, respire, vie pour et par Internet.
    Par contre il faut savoir raison garder et bien montrer du doigt les dérives marchandes qui ne vont absolument pas dans l’intérêt futur des utilisateurs.
    Interopérabilité foulée au pied, service centralisés à l’extrême, si bien que l’on devrait plus (plusse) parler de Minitel 2.0 que d’Internet 2.0. D’ailleurs, on ne parle pas d’Internet 2.0, mais de Web 2.0 et c’est très bien ainsi 🙂
    Internet n’est pas un média, le Web si.

  8. Du temps du « web 1.0 », il y avait quantité de FAI.
    Aujourd’hui, le marché s’est épuré et concentré, et il n’en reste que quelques une, les plus forts.
    Il en sera certainement de même du web 2.0. Quand il aura grandi, comme tu dis 🙂
    Le seul hic à mon avis, c’est qu’il y a de fortes chances pour que cette concentration profte en premier lieu à Google …

  9. Si je peux me permettre d’ajouter ma modeste pierre à cet édifice qu’est l’ensemble des réactions.

    A mon sens, on est ici pleinement dans le problème qui a engendré la naissance des logiciels libres. En effet, derrière toutes les théories qui peuvent être avancée, une des avancées recherchée consiste justement à rendre plus de « pouvoir » à l’utilisateur. D’ailleur, en général, les logiciels libres cherchent à implémenter des standards voire à définir des standards, permettant ainsi l’interropérabilité entre logiciels.

  10. C’est sûr que c’est assez rébarbatif… Mais en même temps, il ne semble pas y avoir une volonté de standardisation du social bookmarking… Et le pire dans tout ça, c’est qu’il faut un compte pour chaque site… De quoi s’énerver…

  11. Bonjour,
    permettez quelques réactions.

    . La définition du web 2.0, et les multiples interprétations qui en sont faites chaque jour, ne proviennent des entrepreneurs. Elles proviennents des analystes / commentateurs de l’actualité du net qui ont remarqué une tendance. Mais les créateurs de wikipedia, flickr et del.icio.us pour ne nommer que les premiers, avaient « juste » l’intention de proposer des services novateurs.
    La notion de services centrés sur l’utilisateur existe depuis toujours sur de nombreux sites web. Ebay, AOL, tous les webmails, My Yahoo qui existe de nombreuses années… En soi le principe n’a rien de révolutionnaire, la façon de faire ou de présenter si.

    Ce sont l’Ajax, le haut débit, l’expérience acquise par les internautes, les investisseurs à nouveau motivés qui donnent envie à la foultitude de possesseurs d’idées de se lancer. Le côté « user centric », oui, bon, pourquoi pas. C’est évidemment une nécessite, ne serait-ce que via une ergonomie intelligente. Mais ce n’est pas forcément le moteur de la création d’un service.

    Cela explique, en tout cas pour moi ;o), la raison pour laquelle il existe autant de services redondants. La sélection naturelle a déjà commencé (kiko, zookoda, et autres – voir le résultat de recherche « terminus » sur techcrunch http://fr.techcrunch.com/index.php?s=terminus ), et ce sont les gros prédateurs qui vont l’emporter, les Yahoo, Google, et bientot AOL et MSN qui vont se réveiller. A noter cette différence fondamentale avec la précédente euphorie (ie bulle 1.0) : les acheteurs sont des sites web, et non des groupes / médias offline. La compétence métier est donc intégré et l’absorption de ces nouveaux services par ces 4 géants se fait en un tour de main. Et la standardisation passera par eux.

    Bon, je suis sans doute hors sujet, mais c’est pas grave :o)

  12. Trés bon article et des commentaires de bonnes qualité egalement !
    Je me devais réagir.

    Web 2.0 : centré sur l’utilisateur, vraiment ?
    Pour commencer, repartons donc du titre.
    Une question sur laquele il sera difficile de repondre tant la definition du web 2.0 est floue.
    D’autre part, un utilisateur est il acteur, spectateur, diffuseur ou autre chose encore ?

    Mais essayons quand meme de repondre a la question.

    Centré sur l’utilisateur, certainement si on considère que que tout bon commerçant essaye de connaitre sa clientèle pour lui proposer un produit qui reponde a ses attentes (navigation, intuitivité, exhaustivité, sharing, customisation, usuability ect…).
    Bref seduire le client, le cerner pour l’interésser et pour qu’il finisse par souscrire.
    Si l’on prend comme exemple netvibes, ce service me permet de m’abonner au flux et de ne plus avoir a aller de site en site pour surveiller les nouveautés. Je gagne du temps et ça fait une sacrée difference dans ma façon de faire de la veille. Je ne vais plus à l’info. C’est elle qui vient à moi.
    Et c’est moi qui dit de qui je veux recevoir telle info, sous telle forme ect.

    Mais une fois seduit il faut le garder, le fideliser et pourquoi pas le l’utiliser comme porte parole (recommandation).
    De deux choses l’une, soit l’acteur web arrive a devenir leader et a ce moment il cherche a retenir ses clients (en innovant et en fermant son syteme rendant la migration difficile).
    Soit il est challenger et a ce moment il demande plus d’interoperabilité pour acceder au marché verouiller (fnac et virgin sur drm dernierement pour faire face a I-Tunes)

    Solution proprietaire contre solution conforme au standard (et donc ouverte).
    Chacun ayant ses avantages et ses inconvenients.
    Chacune repondant à des criteres de satisfactions differents.

    Quoiqu’il en soit le marché est tres concurentiel. Pour sortir du lot basé sur les standards, il faut innover.
    Or l’innovation va souvent de paire avec la creation de norme proprietaire (KML est une brique xml pour la geolocalisation google)
    Google fait un pari sur l’appropriation de cette norme geographique en esperant qu’elle sera a terme un standard (yahoo map sera alors à la traine)

    Pour résumé, on va proposer a l’utilisateur tout ce dont il a envie sauf la possibilité d’aller chez le concurrent.

  13. Bonjour,

    J’apprécie toujours les analyses qui tournent autour des thèmes que vous abordez. Car c’est là que se joue en partie l’avenir du Web. Votre note est particulièrement pertinente.

    Mais, je serai un peu plus nuancé que vous :

    – Le désordre ambiant est une source de richesse.
    – La variété des services disponibles est un gage d’innovation.
    – La redondance des usages n’est pas forcément une redondance des fonctionnalités.

    Un exemple : j’utilise à la fois Del.icio.us et Furl. Le premier pour organiser, partager/découvrir des liens et le second pour archiver certaines pages (la page d’accueil de mon blog pour suivre son évolution dans le temps par exemple).

    Alors, bien sûr, je préférerais pouvoir faire tout cela sur un seul site. Mais doit-on mettre tous ces œufs dans le même panier ? Comme l’a suggéré l’un de vos lecteurs, certains services ont déjà mis la clé sous la porte !

    Je pense donc qu’il ne faut pas être trop pressé de votre arriver la concentration dans le Web2.0. Avant cela les différents acteurs pourront innover, se spécialiser, être rachetés ou … disparaître.

    Le mieux que l’on puisse faire en attendant serait d’orienter les utilisateurs vers les services qui nous semblent être les plus ouverts et user friendly. Tient d’ailleurs, je lance une idée : pourquoi ne pas créer un wiki sur lequel on pourrait benchmarker les nouveaux services ?

    Ça pourrait avoir un double avantage :

    – Aider les gens à choisir les meilleurs services
    – Suggérer des évolutions fonctionnelles aux responsables de ces services

    Qu’en pensez-vous ?

  14. Cher Hubert, en observateur et contributeur sur le web 2.0 que je suis, je partage tout à fait le constat, le problème c’est qu’aujourd’hui plus personne ne sait de quel web 2.0 on parle. Il paraît clair que ton billet fait référence à la défintion – de référence s’il en est une – de Tim O’Reilly qui, comme cela a été mainte fois relevé, parle de choses que les services « web 2.0 » en vogue ne proposent pas : fonction export surtout, ouverture de formats plus ou moins.
    Il y a bien une génération de services « web 2.0 », étiquette marketing qui permet de qualifier des sites comme appartenant à une famille foisonnante. Mais ce web 2.0 là est en décalage avec celui dont on parle. Quand Daniel pointe la confusion entre l’EntreNet et le web 2.0, c’est le même genre d’amalgamme versus la nécessité de sortir du mot-valise qu’est devenu « web 2.0 ».
    Pour le reste, si on en revient aux services « web 2.0 », j’ai déjà eu l’occasion de dire, et je ne suis pas le seul, qu’ils doivent effectivement « grandir », notamment innover autant dans les modèles économiques qu’ils le font dans les services proposés, dépasser la stricte logique publicitaire entre autres. Entre autres choses, je trouve éclairant de voir d’un côté les utilisateurs échanger du contenu contre la notoriété et de la sociabilité que les services web 2.0 leur apportent et ces mêmes services préférer bien souvent monétiser ce contenu. L’utilisateur et le service sont d’une certaine façon en décalage sur le coeur de a valeur que service apporte.
    En conclusion, cela fait suffisamment longtemps qu’on est dans le phénomène pour commencer à avoir un regard critique. Le web 2.0 est dynamique et foisonnant, mais on attend une nouvelle vague qui dépassera les limites de l’actuelle et réconciliera le qualificatif marketing avec la définition.

  15. L’un des problèmes fondamentaux qu’il faudra résoudre à terme : c’est la compatibilité entre les enveloppes de services. Je précise : Netvibes a un format de widget, yahoo un autre, google un autre et ainsi de suite pour chaque plateforme.
    Ceci va finir par fatiguer les développeurs qui auront réalisé l’essentiel du développement. Un jour, un éditeur ou un site web proposera un outil pour déployer un code Ajax vers toutes ces plateformes – et seulement alors ces messieurs commenceront à considérer un standard d’intégration des services. Or le coeur du web 2.0 est dans la mise à disposition de ces services.
    Concernant les mash-up SIG : je ne comprends pas trop la question puisque les données sont conservées sur les sites web et qu’il ne s’agit en quelque sorte que de paramétrages d’interfaces. Par ailleurs, si une véritable incompatibilité existe entre les modes d’indexation des API, il est évident que le leader proposera une petite solution de migration : trop content de récupérer ces utilisateurs !
    Il me semble qu’il y a une énorme confusion entre interopérabilité/standards technologiques qui sont la réalité du web 2.0 et l’accumulation de données personnelles herbergées chez ces acteurs (le modèle économique du web 2.0 est essentiellement localisé ici aujourd’hui). Les API/mash-up sont parfaitement validées. L’enjeu majeur est au niveau de la seconde question : apprendre aux utilisateurs à protéger leurs données personnelles et abaisser la capacité d’intrusion de ces acteurs.
    L’une des solutions est précisément dans la modélisation d’une séparation forte entre le détenteur des données et l’offreur de services au travers d’API. Ceux qui, pour résoudre la perte de contrôle des données, mettront en place des outils d’analyse de flux seront à terme perçus comme des spywares (C’est actuellement le cas du BM de Google).
    A l’autre bout de la chaine, pour permettre cette séparation, il faut pouvoir disposer d’acteurs dont la valeur ajoutée est tellement faible donc substituable (hébergement de données aux bons formats d’interopérabilité + sécurisation forte, c’est tout) et les promesses tellement vérifiables (capacité simplissime à archiver mes données – et donc à changer de crèmerie) qu’ils ne constituent plus un adversaire. Je pense à des services postaux, de location de voiture… ou sur le web des serveurs qui se contentent de transformer un flux RSS en e-mail. S’il y a un pb, je change de prestataire très facilement à la prochaine opportunité.
    On le perçoit, si on réussit à avancer dans le sens d’une séparation forte et sécurisée entre données et services, subsisteront 2 types de business models (BM) compatibles : l’hébergement de données respectant la privauté, et l’abonnement à des services (directement ou au travers d’autres services tels que les FAI ou les portails). Se posera alors la question d’un certain nombre de BM.
    Bien sûr cette vision est tronquée car il faut revenir aux fondamentaux : l’existence d’une fracture numérique entre ceux qui sont assez riches pour protéger leurs données et les autres qui seront victimes du grand marché de l’ère numérique 🙁

    Un mot sur la différence entre Web 2.0 et Internet 2.0 : l’Internet inclut toute une collection de protocoles (FTP, HTTP, mails avec POP, SMTP, IMAP, et puis les P2P et autres nombreux autres) présents au-dessus du TCP/IP. Le Web se limite à un accès par interface principale sur HTTP – ce qui n’empêche pas que cette interface dialogue avec d’autres protocoles. Mais il y a une priorité donnée à cette interface qui est considérée comme plus ergonomiquement adaptable et plus facile d’accès.
    Le parti pris est important. Il s’agit plus d’accessibilité au sens large que de gains systématiques d’efficacité – celle-ci dépendant directement de la culture technique et des compétences des utilisateurs concernés.
    Pour ma part, il me semble que la dimension média correspond à l’un des nouveaux services révélés par le web 2.0 : les usages sont bien plus nombreux que cela – il me semble aussi que notre culture XXe siècle du mot « information » sur-dimensionne sa place au sein de l’émergente économie de l’information et de la connaissance et que celle-ci retrouvera rapidement sa place : l’écume des vagues au-dessus de la profondeur des océans. Mais je ne maîtrise pas toutes les nuances de cette nouvelle ère.

  16. Votre distinguo entre service d’hébergement et services d’expoitation des données des intéressant, mais j’ai peur qu’il ne corresponde pas à la réalité actuelle.
    En effet, dans leur grande masse, les utilisateurs ne manifestent AUCUN intérêt à la protection de leurs contenus et données. En déposant ce contenu sur des sites « web 2.0 », ils les échangent contre de la sociabilité et de la notoriété, de la valeur d’échange. De fait, tout edst public et placé dans une perspective ou la conservation ne paraît pas être une préoccupation. C’est un fait bien documenté et bien discuté cette année du côté de la FING. Flickr en est un exemple flagrant.
    Je ne dis pas que cela ne changera pas, mais les prédictions que nous avions faites il y a plus de trois ans sur la montée en charge d’une attente de forte de contrôle des données ne se sont pas du tout retrouvées dans la réalité.

  17. C’est vrai, les services dits Web 2.0 sont nombreux et ne reposent pas franchement sur des standards bien établis. Cependant, doit-on s’en plaindre ?

    Je pense qu’il ne s’agit que d’une étape naturelle dans un monde qui cherche encore ses repères. Nous devons nous réjouir au contraire de la richesse et de la créativité déployée par des centaines de start-up. Car la diversité actuelle permettra au final de retenir le meilleur, pour le plus grand bien des utilisateurs. Je suis en effet convaincu que la multitude de produits et services va tôt ou tard converger vers quelques solutions de référence.

    Autres remaruqe : le Web 2.0 est davantage un concept marketing qu’une réalité technique bien définie.

  18. Moi ce que j’aime dans le web2 c’est la réflexion qui anime les articles, surtout quand l’échange est là…

    La floraison d’outils/services est utile pour l’avancée des idées et ne pas voir d’installation d’un monopole :
    C’est utile pour l’innovation….
    Il me semble qu’il est intéressant de voir fleurir un grand nombre d’outils/services, permettant ainsi d’expérimenter certains besoins, de voir aussi ce que l’on peut véritablement faire avec la technologie ajax et autre… c’est bien d’avoir une concurrence pour pouvoir améliorer le service et les envies des gens….
    Ensuite, qu’il y ai autant d’outils/services sur le web2 peut paraitre gênant, mais il me semble que la sélection d’outils/Services va se faire tout simplement par l’abondance des internautes à utiliser tel outil et non un autre… Le vrai problème dans cette multitude de sites2.0 c’est que l’on peut passer à côté de choses intéressantes…

    Mais j’aimerais en venir à Netvibes… peut-être qu’il serait intéressant, comme le propose Netvibes d’avoir un outil qui permettent aux personnes de proposer une amélioration du service, ou bien de proposer ces propres services en les mettant à la disposition du public (je parle de l’écosystème de netvibes)… Cela me semble la meilleure méthode pour que le web2 s’épanouisse…

    (note qui n’a rien a voir avec l’article : En revanche… il est évident qu’une société comme Google, qu’en rachetant tous les services web2 du marché, j’ai peur qu’un nouveau monopole arrive… A quand un service web qui n’autoriserait pas son rachat par une grande société pour préserver la concurrence et le développement des idées sur le web).

    Un service web2 le tout en un :
    C’est vrai qu’il serait super d’avoir tous les outils et d’autres regroupés sur un seul site. Les internautes débutants comme les internautes expert seront pas lésés… Pas compliqué pour les uns et possibilités de rajouter des services pour les autres… un peu un Firefox de base avec qui on pourrait rajouter d’autres outils… Bon cela me rappel un peu le Netvibes…. Un outil qui pourrait :
    – nous permettre de surfer sur tous les moteurs de recherche de base et en rajouter d’autres
    – nous permettre de faire de la bureautique de base et de sauvegarder les documents et de les partager a tout le monde ou a une communauté
    – nous permettre de stocker, modifier, partager nos photos et vidéos
    – lire l’actualité par le biais des rss
    – écouter ses chansons, voir ses vidéos
    – avoir son réseau social
    – avoir son blog
    – téléphoner
    – jouer
    – etc…

    Bouleverser les traditions…
    Bref une sorte de système d’exploitation sur internet comme Eyeos mais en plus terminé… « Monsieur ou Madame tout le monde » s’y retrouverais peut-être… Mais encore faut-il qu’il soit au courant de ce qu’est le web2 et ce que l’on entends par là (combien de personnes sont au courant du fonctionnement de Wikipédia ?)… Encore faut-il que l’on reste pas figé par nos anciennes habitudes (il est très difficile de faire changer la façon de travailler lorsqu’une personne est habituée à certaines pratiques)….

  19. Bonjour,
    Débat fort intéressant et je rejoins tout à fait le premier post de Manu, c’est grâce à la loi du marché que se créent les innovations.
    Pour le choix du SIG pour une collectivité locale, le choix ne se pose pas puisque’il y a une solution toute dédiée pour eux: http://www.evaway.com comme l’explique très bien l’article sur http://www.lesexplorers.com 🙂

  20. Ce billet n’était pas du tout une critique des lois du marchés ni une remise en cause du nécessaire bouillonnement des services et de leur formidable créativité comme certain l’ont hélas mal compris. Pas plus que nous ne pouvons attendre grand chose de la concentration – qui est souvent, pour faire vite, un nivellement par le bas et par la masse -, ou espérer que tout soit disponible via un seul prestataire, comme nous le propose déjà Google.

    Non, non… Encore une fois, ma critique soulevait surtout le problème que la plupart des services web 2 ne sont pas interopérables. Qu’il faut que j’utilise des services similaires pour faire des choses proches avec des groupes de gens différents, alors que j’aimerais pouvoir mettre tout mes signets sur la plateforme de mon choix et que mes amis, quelque soit les outils qu’ils utilisent, puissent venir y puiser, les commenter, les « augmenter », comme ils le feraient si cela avait été publié sur la même plateforme que la leur. Pourquoi dois-je voter pour un même article sur Digg, Fuzz, Tape-moi et Scoopeo, alors que l’essentiel ici, est que je puisse voter pour un article et que ce vote puisse incrémenter des services différents ! A mon avis, je le répète, il est grand tant de commencer à se poser la question de la convergence de tout ces outils.

    Manu faisait remarquer qu’un simple appel d’offre pourrait suffire pour mettre les SIG au clair. Je n’en suis pas convaincu. Comment puis-je savoir quelle API utiliser, quand je ne sais pas comment vont évoluer ces services – et leur évolution peut-être rapide et bouleversante, ou vide et morne ? Comment développer une carto sous Google Map, quand je ne sais pas à quelle date la résolution de mon territoire en photo satellite sera maximale, quand je ne sais pas à quelle date les photos satelitaires seront rafraichies ? Quand je ne sais même pas si demain il n’y aura pas un changement majeur de l’API, par exemple, avec l’introduction de publicités contextuelles que je ne maîtriserait pas ? Sans assurance sur le service, quel appel d’offre peut-on souhaiter faire ?

    Alors oui, comme l’a fait la Vendée, et des centaines de milliers d’utilisateurs, on peut utiliser ces services et faire des développements pour les utilisateurs que nous sommes. Mais une entreprise peut-elle décider de faire son schéma d’implantation sur 5 ans en utilisant ce type de service ? Une administration peut-elle créer son SIG (et ajouter d’autres couches, nombreuses, d’information) sur des applications dont elle ne maîtrise pas la qualité ni la pérennité ?

    Oui, peut-être finalement. C’est même ce qu’elle fait souvent, mais en mesurant bien la limite de ces services… Et en continuant à développer à côté des choses plus pérennes, plus construites. S’il nous faut développer plusieurs fois les mêmes applications, pour des usages ou des clients différents, est-ce qu’on est sûr que tout cela nous fait gagner du temps ou de l’argent ?

  21. Quelques réactions sur la conversation en cours …

    « Il est temps pour le web 2.0 de grandir un peu » : oui, entièrement d’accord, mais sans doute que la feuille de route du web 2.0 ne pourra jamais se concrétiser dans son ensemble tellement la charge symbolique du suffixe « 2.0 » est forte (un peu à la manière du « e » qui a longtemps prévalu en tant que préfixe) et que les espoirs suscités croissent en même temps qu’ils évoluent … Cette feuille de route prend en effet la forme d’un palimpseste, un parchemin en « béta perpétuelle » que de nombreux « moines copistes » alimentent en faisant disparaître les inscriptions originelles pour y écrire à nouveau.

    Ceci dit, en l’état actuel de l’offre de services du web 2.0, et pour participer au débat en cours autour de cet édito, je dois d’abord reconnaître que je suis bien content que ma boîte de légo contienne aujourd’hui autant de pièces … Le temps qui s’écoule entre le moment où j’ai une idée et le moment où je suis en mesure de la concrétiser s’est considérablement rétrécit … L’abondance de services a du bon (même si elle nécessite de poser quotidiennement des jalons pour s’y retrouver …), en revanche, la redondance peut poser problème, surtout quand je veux collaborer et interagir avec d’autres : là, je rejoins Hubert et Daniel, sur l’enjeu des standards … un gros effort reste à faire pour sortir du jeu de braconnage et de captation des utilisateurs et lui préférer une logique de coopération entre services pour améliorer l’expérience de l’utilisateur : l’exemple des « signets sociaux » est symptomatique … à quand une circulation facilitée et symétrique entre les différents services ?

    J’espère que dans peu de temps les stratégies de « data lock-in », avec leur lot de fonctions de « débauchage » (import de signets à partir de services « concurrents ») sans réciprocité (dans le meilleur des cas, exports incomplets ou incompatibles) vont disparaître … que les tentatives de normalisation vont aboutir (voir par exemple le microformat Xfolk pour les collection de signets) … que le recours à des formats normalisés va se généraliser … que la disponibilité de standards va devenir un critère de choix pour les utilisateurs qui déserteront alors les services qui ne les proposent pas … en bref, que le développement du web 2.0 ne s’arrêtera pas en chemin, pris dans les contradictions de la seule logique de l’éco-bulle, et qu’il permettra d’évoluer véritablement vers une « plate-forme centrée sur les utilisateurs », un web sémantique structuré (que d’autres appellent déjà web 3.0, déçus qu’ils sont que le bruit couvre le signal).

    Par ailleurs, pour aider le web 2.0 à grandir, sans doute que la « proximité culturelle avec le logiciel libre » ne sera pas suffisante (la mise à disposition d’une API n’équivaut pas à celle du code source) … Il faudrait plutôt que son éducation soit directement confiée à des pingouins : trop peu d’alternatives libres aux principaux services 2.0 existent en effet aujourd’hui (scuttle comme delicious-like / pligg ou akarrù comme digg-like , etc … pouvez m’aider à compléter ?). La multiplication de ces alternatives (pourquoi ne pas monter des opérations de clonage à grande échelle ?) pourrait favoriser la généralisation des usages du web 2.0, au-delà du cercle des primo-utilisateurs, en fournissant des réponses « simples » aux légitimes inquiétudes de ceux qui hésitent ou s’interrogent concernant la propriété des données, l’évolution fonctionnelle, la pérennité des services, etc, et la (re)monopolisation qui ne tardera pas à arriver …

    Enfin, concernant la confusion entre le web 2.0 et l’entrenet (voir la discussion entre Laurent et Daniel), je crois que la profusion et le caractère tangible des services inscrits au catalogue du web 2.0 tendent à masquer les tendances plus profondes et « cachées » de l’entrenet, à faire écran avec les usages qu’ils permettent parfois d’amplifier. Il faut alors replacer les choses à leur place et tenter d’illustrer les distinctions à partir d’un exemple concret.

    Du côté du web 2.0, de nombreux services permettent de stocker / partager des vidéos, comme YouTube, le plus célèbre d’entre eux, ou DailyMotion (service français). Du côté de l’entrenet, de plus en plus d’internautes diffusent des morceaux de leur vie tournés en vidéo sur un média personnel (très souvent un blog) et exposent ainsi publiquement leur intimité sur le réseau : cette pratique, appelée « cutlife », tend à brouiller les distinctions traditionnelles, notamment entre espace public et espace privé. D’un côté des services (Web 2.0 > YouTube et autres), de l’autre des usages (EntreNet > CutLife) … les premiers permettent de faciliter le développement des seconds, de leur donner une échelle inédite, et de faire que des petites choses, des pratiques « intermédiaires » s’accumulent comme autant de signaux faibles de tendances plus lourdes … Il ne faut donc pas confondre web 2.0 et entrenet !

    Pour creuser la pratique des « cutlife » et illustrer l’EntreNet :
    http://carlhallard.typepad.com/carl_hallard/2006/08/de_lintrt_des_u.html
    http://www.myspace.com/ilanouche

  22. Bonjour,

    Je revient sur la source de ce message en reprenant les propos de « manu »

    >> « – “Pourquoi est-ce qu’il y a autant de services redondant dans le web 2.0 ?” Tout simplement parce que tout le monde essaie de faire mieux que le voisin ! Pourquoi est-ce qu’il y a plusieurs marques de boites de conserve ? »

    Et je suis tout à fait d’accord avec cette remarque. Ce qui est marrant c’est que les personnes qui sont en train de nous dire c’est dommage que tous ne soit pas unifié et uniforme seront les même personnes qui demain crieront au scandale si un seul acteur occupe le marché et ne nous laisse plus le choix.

    Il faut arrêter de vouloir tous lisser, uniformiser, aseptiser, mais attention je parle bien des services qui nous sont proposés. En revenge ce qu’il faut uniformiser ce sont le standard d’échange entre application, et pour être plus large tous les méthodes qui conduisent au développement d’un service.

    Seb

  23. Hubert, tu soulève un point extrêmement important en soulignant l’abscence de perspectibve claire sur l’offre des services 2.0 par rapport aux enjeux des organisations et plus largement de ceux qui essayent d’avoir des stratégies.
    On voit effectivement qu’il est aisé et efficace d’adopter les services disponibles pour développer des choses, mais avec la prise de risque liée au fait que ces services peuvent disparaître ou muter sans préavis. Ce n’est accessoirement pas un phénomène nouveau, il existait déjà dans la génération précédente.
    D’un autre côté, pour des aspects tactiques et de court terme, tout cela est hyper-efficace. Encore faut-il arriver à développer une posture qui n’est pas dépendante des enjeux de conservation, mais qui se préoccupe uniquement de résultat.

  24. En effet, le web2.0 se developpe a toute vitesse avec des services quasi identiques et concurrents. Ca me parait plutot fantastique. En effet il faut s’inscrire dans plusieurs reseaux et si nos relations en utilisent d’autres, s’incrire encore. Et lorsqu’on n’a pas le temps de passer des heures sur internet, on en oublie a quels reseaux on est inscrits et on n’utilisent plus grand chose. Comme plusieurs, je crois fermement que c’est seulement par la redondance que la stimulation et l’innovation grandissent. Donc plutot que des lamentations, je viserai plutot le defi de l’organisation de ces ressources : comment gerer ces informations, ces inscriptions aux sites pour aider l’efficacite de l’utilisateur ? Des solutions seront offertes j’en suis sure, meme si elles necessitent un temps de maturation.

  25. Il serait peut-être intéressant de faire le point sur les services web2 interopérables…
    N’utilisant véritablement qu’un tout petit nombres de services web2 (netvibes, flickr, wikio, xoolyx, tutmarks, wikipédia, esnip, jamendo pour ne citer que ceux que j’utilise régulièrement mais pas forcément dans le véritable sens web2… En effet wikipédia je l’utilise pour chercher des définitions, mais pas pour participer ; flickr je l’utilise pour mettre des photos et les mettre a disposition de tout le monde mais pas forcément pour discuter de tel ou tel sujet avec les autres membres de la communauté…)… j’ai du mal à comprendre où vous souhaitez en venir sur l’interopérabilité….
    Si dans Netvibes j’utilise la recherche sur flickr ou bien le module wikio pour des recherches bien spécifique: est-ce de l’interopérabilité entre ses services ?

  26. C’est un point de vue que je partage et qui est même à la base de l’existence du bloc-note que je tiens http://www.activeille.net. L’entreprise ne peut vivre sur le mode de l’innovation permanente pour ce qui concerne sa logistique. Elle a besoin au contraire de solutions pérennes pour disposer d’un socle stable et se consacrer à l’innovation de ses produits, de ce qui constitue sa vocation d’entreprise.

    Pour autant elle doit penser aussi à renouveler ses méthodes de travail. Et l’apport de ce web 2 est incontestablement une opportunité à ne pas manquer. Mais dans la plupart des cas elle ne peut se lancer seule à la découverte du “bon web 2″, celui qui apportera une aide efficace au quotidien. Le discours de la nouveauté permanente est un tourbillon sans fin dans lequel le chef d’entreprise ne peut engloutir un temps qui lui est précieux et qu’il ne peut passer à comparer indéfiniment des services nouveaux qui s’ajoutent à ceux qu’il aurait déjà commencer à utiliser.

    Comment dégager une vision claire parmi cette multitude d’offres ? Cela me parait la question primordiale. Y répondre est essentiel. L’entreprise attend une “boite à outils 2.0″ limitée, validée et opérationnelle au delà de tout effet de mode. C’est ce que je m’efforce de conduire dans mes interventions en entreprise et de promouvoir à travers les billets de ce carnet.

    Faut-il rappeler que, selon une étude récente, un des freins à la diffusion des TIC dans les TPE est constitué par une “promotion des TIC basée à la fois sur des discours encore trop technicistes de la part des offreurs, des effets d’annonce pléthoriques et un rythme trop rapide de l’innovation technologique”.
    http://www.activeille.net/index.php/archives/2006/11/02/lentreprise-et-le-web-2/

  27. Bonjour,
    Le sujet est donc que les services web2 soient interopérables… Pour bien comprendre : un article apparaissant sur Fuzz, devrait automatiquement être enregistré dans les autres sites tels que scoopéo, digg… Que les votes pris en compte sur scoopéo soit aussi pris en compte sur Fuzz et Digg… Est-ce bien cela ?

    Il serait donc peut-être intéressant de faire une liste de services web2 qui sont déjà interopérable (cela existe peut-être déjà) et de ceux que l’on aimerais voir comme interopérable…

    Je n’ai pas une grande utilisation des services web2.. Je les utilise plutôt en consommateur (sur fuzz, wikio, xoolyx..) qu’en utilisateur…

    Le seul que j’utilise de manière régulière est netvibes…Grâce à son Ecosystem les utilisateurs peuvent choisir, créer, proposer des modules, liens rss, podcasts et autre évènements… Il me semble donc que l’outil est vraiment tourné vers l’internaute… D’accord, il ne s’agit pas d’interopérabilité, mais je trouve que la démarche est intéressante et que le service est vraiment ouvert aux internautes (individus, entreprises…). Est-ce dans cette direction qu’il serait intéressant de voir les services web2 apparaître ?

  28. « En effet, aucun de ces services ne garantit quoi que ce soit en matière ni de continuité de service ni de sauvegarde des données. C’est le problème majeur de l’immense majorité des services web actuels, qui fait que nombre d’entreprises seront réticentes à confier leurs fonctions et données critiques à des prestataires dont la responsabilité juridique est quasiment nulle. Garantir une perte d’activité a un coût, et c’est l’absence de cette garantie qui permet à ces services de fleurir à des tarifs très attractifs par rapport à des solutions disons plus traditionnelles. » François Nonnenmacher.

  29. hakou.“En effet, aucun de ces services ne garantit quoi que ce soit en matière ni de continuité de service ni de sauvegarde des données………..et le sujet est donc que les services web2 soient interopérables et il serait peut-être intéressant de faire le point sur les services web2 interopérables…

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