Des limites des Nudges – The Atlantic

Frank Pasquale, l’auteur de Black Box Society, explique dans The Atlantic pourquoi les nudges, ces coups de pouces des politiques publiques, parviennent rarement à atteindre leurs buts. 

En fait, explique Pasquale, on commence à se rendre compte que les programmes de ce types ne sont pas toujours efficaces. Ainsi, par exemple, développer l’étiquetage des calories des aliments pour sensibiliser aux questions de santé, ne suffit pas à réduire la malbouffe, expliquait récemment une étude du magazine Health Affairs. L’incitation ne suffit pas à changer l’environnement global. Le nutritionniste Kelly Brownell a ainsi montré que les dépenses gouvernementales américaines pour promouvoir une alimentation plus saine sont une goutte d’eau par rapport au budget marketing de ceux qui promeuvent la malbouffe. 

L’économiste américaine Teresa Ghilarducci estime que le système d’épargne retraite par capitalisation américain – le fameux 401(k) -, promu par les économistes comportementaux, a échoué à remplir son objectif et est inapproprié pour de nombreux épargnants. Pour elle, le nudge est en fait un fudge, une façon d’éviter les problèmes les plus épineux en matière d’assurance retraite. Ils ne visent qu’à transférer la responsabilité d’économiser pour sa retraite aux individus, plutôt que d’adresser la question au niveau des politiques publiques. Cet accent mis sur l’individu plutôt que sur les politiques publiques, qui est au coeur même de l’économie comportementale qui s’appuie sur la micro-économie et la psychologie, est aux racines mêmes de l’insécurité en terme de retraites. Déplacer les risques de la société des choix collectifs aux choix personnels ne parvient pas à construire une société plus sûre. Même si les gens peuvent bien sûr être mieux armés par la formation, l’éducation… celle-ci ne suffit pas. Pour le professeur de droit William Simon, la “République du choix” implique une conception étrangement contrainte des moyens et des fins du gouvernement. L’approche individualiste de la prise en compte des problèmes sociaux finit par exacerber les conditions mêmes que ces politiques prétendent améliorer. Pour lui, il est peu probable que les problèmes majeurs auxquels sont confrontés les gouvernements puissent être résolus sans intervention plus directe et sans décisions plus collectives que l’économie comportementale propose. 

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