En ligne, avons-nous tous la même personnalité ? – Quartz

Alors que nos systèmes techniques s’apprêtent de plus en plus à caractériser et prendre en compte nos personnalités (via notamment les fameux Big Five et des systèmes techniques comme Personality insights d’IBM), cette différenciation ne risque-t-elle pas de devenir de plus en plus difficile ? C’est ce que nous explique Olivia Goldhill sur Quartz. Pour le psychologue Tim Blumer de l’université de technologie de Ilmenau en Allemagne, en ligne, nos différences expressives se réduisent (voir son étude). La raison en serait qu’en ligne, les interactions sont bien moins riches qu’en présentielles, notamment du fait que les expressions faciales ou le langage du corps ne puissent pas y être lus. Pour John Suler, professeur de psychologie à l’université Rider et auteur de Psychologie à l’âge digital : quand les hommes deviennent électriques, cet effet serait lié au réductionnisme de l’expression sur les différentes plateformes que l’on utilise. 

Sur Twitter, le fait que notre expression soit réduite à 140 caractères, tend à nous faire nous ressembler, parce que nous ne disposons pas d’assez d’espace pour être créatifs avec les mots que nous utilisons. Nous compartimentons nos personnalités en ligne pour nous comporter selon les attentes de chaque média que nous utilisons. Ainsi, sur Twitter nous tendons à être sarcastiques et argumentatifs, alors que sur Facebook nous avons tendance à être plus optimistes et réflexifs (et ce d’autant que l’algorithme de Facebook favorise cela). Pour le psychiatre Richard Graham, chaque plateforme encourage un type de personnalité. “Chaque site a sa propre culture. Par exemple, un site sur lequel vous pouvez seulement cliquer “Like” vous pousse (nudge) à exprimer un certain type de sentiment”. 

Ces comportements sont encouragés par le fait que ce que nous y écrivons est lu par d’autres, ce qui nous pousse à nous faire attention à la façon dont on s’y comporte, à nous autocensurer. Nos personnalités en ligne sont très composées, explique John Suler. On ne souhaite pas, même accidentellement, se présenter d’une manière qui peut être interpréter négativement. On cherche souvent à se présenter aux autres de manière positive. Pour Suler, les différences qui existent dans les expressions des gens tiennent plus d’une façon de se différencier que de refléter sa personnalité propre. 

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