Des propositions pour consolider le secteur du jeu vidéo français

Face à la situation préoccupante du secteur du jeu vidéo français – déficit d’investissement et licenciements massifs en tête – deux rapports ont quasi-simultanément été remis au ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie fin janvier.
Pointant du doigt des cycles technologiques très courts, une envolée des coûts, un manque de soutien de la part du secteur bancaire ainsi que l’éclatement de la bulle internet, le premier rapport – rédigé par Fabrice Fries, ancien dirigeant de Vivendi Universal Publishing et magistrat à la Cour des comptes – s’achève par la proposition d’un système de financement adapté au secteur des jeux vidéo, faisant écho aux propositions lancées par l’Association des producteurs d’oeuvres multimédias (Apom) reprises par Jean-Pierre Raffarin à Poitiers en avril 2003.
Au premier rang de ces propositions, la mise en place d’un système de crédit d’impôts à hauteur de 20 % sur les dépenses de développement afin d' »inciter les éditeurs internationaux à développer des jeux en France ». Dans cette optique, la perspective pour l’industrie du jeu vidéo d’être éligible au crédit d’impôt-recherche pourrait également renforcer ce dispositif d’aide à l’investissement.
Autre mesure déjà évoquée par Nicole Fontaine : la création d’un fonds de production, organisme d’investissement dont le capital avoisinerait les 30 millions d’euros et qui devrait être opérationnel pour l’été 2004.
Enfin, sur la question de la gestion des ressources humaines, ce même rapport évoque les controversés « contrats de projets ». Il stipule notamment qu' »en raison d’une souplesse plus grande de la réglementation du travail, les effectifs des studios en Grande-Bretagne sont près de quatre fois supérieurs à ceux des studios français. Le jeu vidéo semble un terreau idéal pour une application éventuelle des contrats de projet, ces contrats d’une durée minimale de trois ans s’interrompant à l’achèvement d’un projet précis ».
Sur ce dernier point – le plus sensible, le Sell (Syndicat des éditeurs de logiciels de loisir) et l’Apom se sont montrés plutôt favorables, ce dernier estimant qui plus est que les contrats-projets étaient « particulièrement adaptés à la création de jeux vidéo ».
L’info : http://www.01net.com/article/231129.html et http://www.journaldunet.com/0401/040128jeuxvideo.shtml
Le rapport de Fabrice Fries (.pdf) : http://www.telecom.gouv.fr/documents/rapportfries.pdf
Le communiqué de presse : http://www.telecom.gouv.fr/dp/270104.pdf
Les 10 propositions énoncées par l’Apom en 2003 : http://vlan.org/breve151.html
Le « rapport Averous » (du nom de son auteur Michel Averous, président honoraire de l’université de Montpellier II) préconise quant à lui la mise sur pied d’une d’une Ecole nationale du jeu vidéo qui serait rattachée à l’université de Poitiers, proposition aussitôt adoptée par le gouvernement. L’Ecole nationale des médias interactifs ouvrira donc ses portes à Angoulême à compter de septembre 2005.
L’info : http://www.01net.com/article/231191.html
La synthèse du rapport Averous : http://www.internet.gouv.fr/article.php3?id_article=1435

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