2006 : l’année du P2P nouvelle génération ?

Si l’on ne croit Pascal Nègre, président de la Société civile des producteurs phonographiques (SCPP), 2006 pourrait voir apparaître des systèmes de filtrage et de paiement sur les plateformes P2P. Comme l’explique 01.net, le modèle, sur le papier, permettrait aux fichiers autorisés par les maisons de disques de circuler sur les réseaux P2P, tandis que les autres resteraient inacessibles au téléchargement. Cette circulation s’accompagnerait bien sûr d’un mécanisme de paiement :

« Une personne met à disposition un fichier identifié. On peut imaginer qu’elle obtienne un crédit pour avoir fait diffuser un titre à tel nombre de personnes ; ou qu’elle gagne un crédit pour télécharger. » En parallèle, bien sûr, tous ceux qui téléchargeraient le fichier mis à disposition en P2P paieraient les morceaux qu’ils auraient choisis. « L’idée étant que tous les échanges puissent donner lieu à une remontée d’informations et permettre la rémunération des ayants droit », explique un responsable de l’UPFI (Union des producteurs phonographiques français indépendants).

Ainsi, la version 6.0 d’iMesh intègre la technologie de filtrage d’Audible Magic, tandis que Mashboxx, l’acheteur de Grokster, serait prêt à fournir un service légal avec la technologie de Snocap…

Reste à s’adresser à la myriade de plates-formes anonymes développées en open source. Reste aussi à lever des inconnues sur la gestion des flux de rémunérations et d’informations. Reste enfin à s’assurer qu’il reste une place pour ce dispositif, entre les plate-formes gratuites et les sites commerciaux de téléchargement. Et ce, alors que le nombre des adeptes du P2P continue d’augmenter si l’on en croit le dernier indice de Big Champagne relevé par Ratiatum.

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0 commentaires

  1. 2006 sera peut-être aussi l’année des « darknets » démocratisés. Je pense notamment à Allpeers.. Alors soit, on ne trouvera pas le million d’utilisateurs du réseau eDonkey mais la sécurité des connexions cryptées sera sans nul doute un argument de poids chez les futurs « switchers ». Dans les amis de mes amis, je trouverai forcement le petit malin qui m’expliquera comment « cracker » le dernier DRM à la mode du dernier album de Céline Dion que je viendrai d’offrir à ma mère pour son anniversaire. Cet album sera ensuite disponible pour les dizaines (centaines?) d’amis de mes amis…

    Je tiens à signaler que je dispose chez moi de plus d’une centaine de vinyles par fétichisme pour l’objet et que je n’accepterai plus jamais de payer un CD avec un livret d’une page à son prix actuel.

  2. Reste aussi à évaluer la solvabilité (le potentiel P2P comme on dirait en télécom) des téléchargeurs. On n’a jamais vu d’approches sérieuses sur la dimension économique du téléchargement. Les majors crient au scandale en voyant leur CA diminuer, mais personne n’a songé à rapprocher cette évolution, de l’explosion des SMS, et du reste.
    Le P2P n’a-t-il pas les épaules trop larges ? Son succès n’est-il que l’expression de la première règle de l’économie (le porte-monnaie n’est pas élastique) : les consommateurs changent d’habitudes, se laissent séduire par les dernières productions, ou bien par les marketeurs les plus actifs.
    Sans la technique, l’évolution n’aurait-elle pas été similaire ? Avec quelles nuances ?
    Le même débat avait eu lieu il y a une dizaine d’années avec les logiciels. Avec les mêmes tentatives de verrouillage. Pour se terminer avec un déverrouillage quasiment systématique des produits grand public, dont le piratage constitue aussi un formidable outil de marketing.

  3. Bah

    Dès que leur système fera circuler du fichier DRMisé sur le P2P, d’autres systèmes d’échange se mettrons en place.
    Réseau entre personne privée avec cryptage, cela fonctionne déjà, sur invitation.

    Tant qu’ils ne comprendrons pas qu’il est impossible de demander la fermière, son c.l et le yaourt, il seront dans l’erreur.

    La musique est trop chère. La duplication d’un fichier ne coute rien.
    Le reste c’est du blabla et de la soupe entre apparatkitch
    De nombreux auteurs sont spoliés de ce qui leur est du parcequ’ils ont signé des contrats avant l’internet, et ils ne touchent rien sur ce qui est vendu par les plateforme marchande.

    Alors tant qu’ils continuent à nous dire que c’est pour les auteurs qu’ils se battent, ils mentent.
    Qu’ils montrent patte blanche envers leurs esclaves auteurs et on verra.

    Les DRM, c’est bien autre chose que la seule musique.
    http://www.kitetoa.com/Pages/Textes/Interviews/20051231-interview-laurent-chemla-avenir-du-net-bilan-des-annees-passees.shtml

  4. Les producteurs et diffuseurs qui rêvaient depuis toujours de nous abreuver de leur soupe devraient être satisfaits : sur le fond, le résultat est atteint. Retour de flamme, plus personne n’a besoin des majors company dont le systéme de fonctionnement phagocyte et paralyse la création en prétendant la faire vivre au travers des quelques miettes généreusement redistribuées. Les commerçants avides et aveugles ont scié la branche sur laquelle ils étaient assis. Qu’ils ne viennent pas pleurer, la table était bonne, la cuisine abondante, le personnel docile. Aujourd’hui, le service n’est plus ce qu’il était. A moins d’un cataclysme majeur, nous aurons toujours besoin les auteurs continueront de fabriquer des chansons, les gratteux de gratter et les batteurs de battre.

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