Le P2P s’essoufle-t-il ?

L’innovation et l’entrain autour du P2P se sont considérablement affaiblis depuis 2004, affirme Ratiatum à la suite de Slyck, le spécialiste anglophone du P2P. Selon Big Champagne, le trafic sur les réseaux P2P stagneraient depuis 2005 pour atteindre difficilement les 10 millions d’utilisateurs en mars 2006…

Mais c’est oublier le succès de BitTorrent, dont le trafic est impossible à mesurer, précise Ratiatum. Cet « essouflement » exprimerait plutôt la migration des adeptes du P2P sur de nouvelles applications et de nouveaux réseaux, mais il semble difficile à ceux qui avancent cet argument de le prouver. Il y aurait quelques 6 millions d’utilisateurs recensés sur sur une partie des réseaux BitTorrent et Azureus…

Selon la société allemande Ipoque, qui fournit des outils de gestion et d’analyse du trafic aux fournisseurs d’accès, BitTorrent a surpassé outre-Rhin eDonkey et tous les autres réseaux d’échange, au point de représenter plus de 53 % de tout le trafic peer-to-peer. Pour Philippe Astor, « la population des « partageurs » n’est donc certainement pas loin d’atteindre les 20 millions d’utilisateurs simultanés ».

Bien sûr, le P2P réserve encore quelques belles surprises, avec les réseaux sécurisés comme Share, les réseaux privés d’utilisateurs comme All Peers ou encore les réseaux publicitaires, comme Skyrider, voire ceux qui vont permettre de diffuser les chaînes de télévision en P2P, comme PeerTV. Autre promesse, dont il faudra attendre des résulats, celle de l’intégration du protocole BitTorrent à des périphériques de loisirs numériques (routeurs, magnétoscopes numériques…), qui pourrait donner naissance au P2P entre périphériques.

Reste que le climat n’est pas au beau fixe. Slyck propose 8 voies pour revitaliser le P2P, dont le premier point exprime peut-être bien les espoirs déçus :

« S’amuser : il y avait un temps ou le téléchargement était inventif. Aux premiers temps de Gnutella, les fans de ce réseau utilisaient l’IRC pour trouver des passerelles IP. Sans elles, les clients ne pouvaient se connecter au réseau. Malgré son côté un peu compliqué, ce fonctionnement a aidé à construire l’atmosphère et la coopération de la communauté qui a rendu le téléchargement agréable et aventureux. Quand le téléchargement s’est stabilisé, la magie s’est dissipée. Ceux qui sont là depuis le début se posent la question de la relève du téléchargement. Peut-être que les gens prennent tout cela trop sérieusement. Rasseyez-vous, relaxez-vous, et regardez ce qu’il se passe alentour. »

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0 commentaires

  1. Précision : Azureus n’est pas un réseau, et on pourait dire (presque) la même chose de BitTorrent. Ce sont en effet deux clients pour le protocole « BitTorrent », du même nom que le client « officiel » et que la société créée par l’inventeur de tout ceci, Braham Cohen.

    En réalité il n’y a pas de véritable « réseau » BitTorrent, mais plusieurs réseaux, chacun étant propulsé par des noeuds centraux qu’on appelle « trackers ». Et n’importe qui peut installer un « tracker » sur sa propre machine, chacun peut donc mettre en place son propre réseau.

    Ce qui explique donc pourquoi il est si diffcile d’évaluer le trafic global « BitTorrent ».

  2. et n’oublions pas microsoft, qui permet depuis la version « live » de son messenger de partager des dossiers, et les wiseguys Zennström et Friis qui nous promettent du gros du lourd avec « the venice project ». Et l’inusable Grabit…
    Mais que les geek nostalgiques de l’IRC et Gnutella se rassurent, les « ptits jeunes » utilisent tout simplement toutes les solutions d’hébergement déportés apparues récemment, de megashare à megaupload… sans oublier l’hébergement sur les boites gmail…

  3. Et l’impact de la « traque aux pirates » ?
    Il ne faut pas oublier que le P2P à mauvaise presse. Il est essentiellement associé à un acte de piraterie de droit d’auteur.
    Est-ce lié, mais le fournisseur d’accès Free a, semble-t’il, mis des « brouilleurs » du protocole Emule pour en limiter l’utilisation (Cf. http://www.google.fr/search?q=free+emule ).

    C’est vraiment dommage l’image que se porte le P2P. Dans mon idée c’était justement l’occasion de réinventer les liens entre personnes. Quelque chose d’à la fois moins humain (car abstrait) et plus humain (car basé sur le partage).

  4. C’est une brève intéressante. Si le P2P ne fonctionne pas, c’est probablement parce qu’il n’a pas été adopté par les grands du marché…Les communautés fonctionnent lorsqu’elles sont technologiquement accessibles. Le P2P ne me le semble pas encore tout-a-fait….
    Mais quid du web2.0 ?

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