Genevieve Bell : « La maison n’est pas une feuille blanche qui attend que la technologie arrive »

Genevieve Bell est anthropologue et directrice de l’expérience utilisateur chez Intel. Réagissant à une proposition de maison du futur imaginée pour le magazine Fast Company, elle dénonce l’erreur de vouloir rendre nos maisons trop rationnelles et fonctionnelles :

« Nos espaces de travail sont conçus autour d’objectifs d’efficacité – en termes de temps, d’argent, d’energie – et nous voudrions appliquer cela à nos intérieurs. Nous avons essayé de rendre la maison plus rationnelle (…), mais nous passons en fait plus de temps à laver notre linge que dans les années 40 (…). Pourquoi ? Parce que la technologie a élevé nos attentes en matière de propreté ; aujourd’hui, nous ne voulons plus porter le même vêtement deux jours de suite. D’un côté, les machines nous ont rendu plus efficaces, mais de l’autre, elles nous ont apporté plus de travail. Les technologies domestiques les plus appréciées et les plus populaires – comme la télévision – ne nous ont pas rendus plus efficaces. Le défi pour les sociétés de technologies est de ne pas voir les maisons comme un endroit où l’on doit rationaliser la production. »

« La maison numérique ne traite pas de technologie, mais des gens qui y vivent. Nos paradigmes culturels évoluent très lentement, et la maison signifie quelque chose dans notre imaginaire. En Angleterre et aux Etats-Unis, vous pouvez dire, « ma maison est mon château ». En Inde, les gens parlent de leur maison de manière métaphorique comme un monde pur qui s’oppose à l’extérieur pollué. En Indonésie, la maison signifie aussi la grâce, la modestie et la simplicité.

Les choses auxquels les gens prêtent attention ne changent pas (…). La maison n’est pas une feuille blanche qui attend que la technologie arrive. »

Via Putting People First.

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