La conscience décodée de Stanislas Dahaene – Libération

Sylvestre Huet pour Libération revient sur le nouvel ouvrage du professeur Stanislas Dehaene, Le code de la conscience, qui explique les deux modes de traitement, conscient et inconscient, d’une information..

L’inconscient est rapide, n’utilise que des circuits spécialisés et bien délimités dans le cerveau. Le mode conscient, lui, a d’abord besoin de temps. Toute information qui est présentée moins de 50 millisecondes aux sens lui demeure invisible (littéralement lorsqu’il s’agit d’un stimulus visuel).”

(…)“L’hypothèse forte, c’est l’existence dans le cerveau d’un «espace de travail neuronal global», un concept partagé par toute une école de pensée dans la communauté neuroscientifique. La conscience, écrit Dehaene, «c’est la diffusion d’une information dans le cerveau pour la rendre disponible à la mémoire de travail ou à long terme, et aux systèmes d’évaluation, de focalisation d’attention, perceptifs, moteurs, par les autoroutes neuronales, les faisceaux d’axones de quelques millimètres de diamètre.»”

“C’est «espace neuronal de travail», pour Dehaene, n’est pas qu’une théorie. On le voit fonctionner lorsque le sujet d’expérience «prend conscience» d’une information. Le chercheur use d’une métaphore évoquant des «assemblées de neurones» qui «s’embrasent» simultanément parce qu’elles sont concernées par le traitement conscient de l’information sélectionnée, tandis que d’autres, à l’inverse «se taisent», puisqu’il faut que le sujet se concentre sur son objet de pensée.

Cette approche matérialiste peut choquer ceux qui cherchent à expliquer la subjectivité, le libre arbitre, par un mystère spirituel. Pourtant, elle défait également ce dernier mystère. Elle montre que le «je», le «moi», n’est pas un spectateur de l’activité consciente de son cerveau, il est cette activité. Une activité consciente qui n’est jamais au repos. Même dans le noir et le silence absolu, notre cerveau est «incessamment parcouru par une sorte de ressac neuronal» qui correspond à «un flot de pensées», sans lien avec nos «entrées sensorielles», écrit Dehaene. Ainsi la permanence du sentiment d’exister comme «je» n’exige aucune autre explication que la physico-chimie du cerveau dont ce serait le «mode par défaut» des informaticiens.”

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