La ville intelligente : vers une redistribution des rôles entre politiques, entreprises et citoyens ? – Bâti 2030

Sur Bâti 2030 (@bati2030), on peut lire une intéressante réflexion sur la ville intelligente. “Derrière la collecte des données, se cachent également (…) une marchandisation de l’espace”. Dans la ville intelligente, le citoyen est utilisé à la fois comme un capteur d’information et une cible. Les informations qu’il renseigne (ou qu’on lui soutire) permettent certes d’améliorer le fonctionnement de la ville, mais permettent également aux entreprises de mieux identifier les besoins. Et ces besoins sont marchandisés. A Londres, la société de transports publics commercialise ainsi les lieux d’affluence selon les horaires à des sociétés publicitaires. En France, JC Decaux et ses vélos en libre-service supporte les investissements et la logistique, mais récupère en échange la gestion des espaces publicitaires ainsi que les habitudes de déplacement des usagers… Tel est le modèle économique de la ville intelligente. Et pour la financer on voit se multiplier les partenariats public-privé. Vendre nos habitudes comportementales, nos habitudes de consommation, de déplacement… ce qui transforme la ville en un lieu du tout-marchand, qui donne un pouvoir énorme aux entreprises au détriment des politiques et des citoyens… 

Forts de leurs données, ces entreprises joueront un rôle accru dans les prises de décisions autrefois réservées aux politiques. “De simples opérateurs, elles pourront, données à l’appui, devenir force de proposition, voire même, qui sait, définir les stratégies urbaines.” Les villes ne deviennent plus que des coordinatrices de projets développés par d’autres et implémentent des politiques pour les favoriser.

Le problème est que les opérateurs des villes intelligentes vont d’abord être attirés par les villes les plus riches. Le risque de ces partenariats est qu’ils creusent l’écart entre grandes villes intelligentes et riches et banlieues privées de technologies. Quelles limites face à la marchandisation des données ? Quelles contreparties citoyennes exiger ?… Pendant qu’on se pose ces questions, la ville intelligente, elle, continue de déployer ses rets.   

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