Quelle est la place pour l’Etat dans la chaîne de l’innovation – Paris Tech Review

La Paris Tech Review (@paristechreview) livre une intéressante interview de Stefan Lindegaard (@lindegaard), un spécialiste de l’innovation ouverte danois qui interroge l’évolution du positionnement de l’Etat à l’heure de l’innovation ouverte. Bien sûr, l’Etat et les agences publiques sont handicapés par leurs procédures et leurs habitudes bureaucratiques, explique-t-il, alors que la nouvelle culture de l’innovation doit les amener à réviser leur rôle, qui n’est plus de faire de grands programmes fermés mais des petits programmes qui encouragent les innovateurs à chercher des solutions collectivement.

Lindegaard reprend le discours ambiant et assez libéral invitant l’Etat à être le facilitateur de l’innovation, notamment par le développement d’un environnement fiscal favorable, même s’il incline plutôt pour que l’Etat développe les marchés de l’innovation. L’Etat a plus à se comporter comme un client que comme un investisseur, explique-t-il d’une manière un peu facile. Car en écartant l’Etat de l’investissement, on l’écarte aussi de la gouvernance de l’innovation (qui lui permettrait pourtant de peser dans les choix faits) et des potentiels revenus qu’il pourrait tirer de ses investissements. Un discours assez classique chez les libéraux finalement, qui ne veulent de l’Etat que comme client. 

Il écarte bien sûr l’idée que l’Etat ait encore un rôle de régulateur pour protéger les petits contre les gros, lui préférant celui d’un Etat qui encourage les entreprises à innover ensemble en poussant les grandes entreprises à partager leurs brevets par exemple…  "L’État peut ici jouer le rôle d’un portier : il peut consacrer ses ressources (notamment ses ressources politiques) à influencer les
grandes entreprises et à les encourager à rejoindre certains clusters,
tout en aidant de petites entreprises à rejoindre les clusters où
figurent de plus gros joueurs. Dans tous les cas, les pouvoirs publics
locaux et nationaux doivent jouer le rôle d’un organisateur.“ 

Certes, l’Etat peut devenir un organisateur de l’innovation, mais il faut être clair sur les contreparties, pour les citoyens et le bien public. Les brevets, pour reprendre l’exemple de Lindegaard, ont plutôt tendance à se développer et ce n’est pas nécessairement au profit de l’innovation, rappelait récemment Slate.fr. Les innovateurs sont-ils vraiment près à jouer le jeu de l’ouverture qui ne soit pas seulement un affichage de façade ? Les entreprises sont-elles prêtes à partager leurs brevets, petites comme grosses ? J’aimerai bien y croire, mais j’ai comme un doute ;-).  

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