Pourquoi avons-nous besoin de pseudonymes ? – Wired.com

La chercheuse du Social Media group du MIT et du Centre Berkman pour l’internet et la société, Judith Donath (@judithd), auteure de La machine sociale, la conception pour vivre en ligne, défend, sur Wired, le droit de ne pas toujours devoir interagir en ligne avec nos vrais noms, comme nous l’imposent de plus en plus les réseaux sociaux. Dans le monde, physique, utiliser son vrai nom quand on parle avec son médecin, ne rend pas votre conversation accessible à tous. En ligne, le commentaire que vous faites sur un déodorant ou sur un forum médical, écrit sous votre nom, reste attaché à votre identité de manière permanente, et vos voisins peuvent tomber dessus. Et la chercheuse de défendre l’usage de pseudonymes locaux, ayant chacun un historique, mais permettant de passer d’un profil l’autre selon les questions que l’on adresse et les groupes avec lesquels on interagit. Pour cela, il faut que nos identités soient plus visibles, accessibles et nous montrent l’impression qu’elles font sur les autres. Beaucoup de collectifs prospèrent permettent la participation sous pseudonyme rappelle-t-elle, à l’image de Twitter ou Disqus qui permet de commenter sur des millions de site en choisissant à chaque fois sous quelle identité on souhaite apparaître. Pour Disqus, les commentateurs sous pseudonymes sont souvent ceux qui contribuent en plus grande quantité et avec le plus de qualité dans les commentaires. Utiliser de vrais noms n’améliore pas la qualité des commentaires, mais permet juste de regrouper plus d’information sur votre profil pour mieux le commercialiser. L’usage d’un vrai nom a pourtant des effets dissuasifs. Est-ce que tous les gens peuvent donner sous leur vrai nom leur avis sur l’usage des armes à feux, sur l’avortement ou le changement climatique ? Pour les personnes les plus vulnérables (celles qui cherchent un emploi, celles dont les croyances sont en contradictions avec leurs proches ou leurs voisins, celles qui ont un problème dont elles ne veulent pas parler publiquement… mais qui veulent rejoindre un groupe de personnes qui le partage en ligne) la possibilité même de participer à ces discussions dépend entièrement de la possibilité de le faire sous pseudonyme. Peut-on parler sous son vrai nom de la difficulté de s’occuper d’un parent âgé ou malade par exemple ? Seuls les pseudonymes nous permettent de maintenir des distinctions de contextes en ligne, comme nous le faisons dans le monde physique. Et la chercheuse de défendre des profils pseudonymiques, liées aux communautés où l’on s’exprime et ne contenant que des données pertinentes à cet espace.

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