Le Pentagone se prépare à contrer les mouvements de rupture de la société civile – Paul Jorion

Sur son blog, Paul Jorion propose la traduction d’un article du Guardian signé Nafeez Ahmed qui revient sur le programme Minerva du département de la Défense américaine visant à étudier, via les sciences sociales, les mouvements de protestation pour comprendre quand ils deviennent dangereux.

“Le département de la Défense amércaine considère-t-il les mouvements de protestation et le militantisme social en différents points du monde comme une menace pour la sécurité nationale des États-Unis ? Si oui, pourquoi ? Militantisme, contestation, “mouvements politiques”, et bien sûr ONG, sont des éléments essentiels à la bonne santé de la société civile et de la démocratie ; pourquoi le département de la Défense subventionne-t-il de la recherche autour de tels enjeux ?” s’inquiète Nafeez Ahmed. Nous sommes tous des terroristes potentiels !

Frank Pasquale pour Concurring Opinion rapporte que la police américaine surveille désormais les promoteurs de la journée sans achats et qu’un rapport classe les militants anti-consommation comme une menace. Et de faire référence au livre de William Bogard, La simulation de la surveillance : l’hypercontrôle dans les sociétés télématiques, qui explique que la surveillance n’a pas pour objectif d’arrêter les actes délictueux, mais de façonner les comportements vers certaines fins. La surveillance distille une matrice de sanctions et de récompenses pour renforcer les comportements acceptables et décourager le terrorisme, le crime, le comportement anti-social, les activités suspectes, le manque de productivité, la paresse… Des comportements qui sont assimilés comme faisant partie d’un même continuum. L’Eglise pour l’arrêt du shopping devient ainsi une menace puisqu’elle cherche à nuire à la croissance. “La surveillance est un moteur qui conduit la société dans une certaine direction”, rappelle Pasquale après être revenu sur le récent article de Kate Crawford. Elle n’est pas un miroir de notre nature, mais une source de modulation des comportements. Nous ne pouvons pas continuer à accepter qu’on examine la dissidence, la déviance ou le désaccord comme étant connecté à la délinquance…

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