Le web n’est pas aussi méritocratique que vous le pensez – World Economic Forum

danah boyd invité à s’exprimer sur le blog du World Economic Forum, nous rappelle que si les médias sociaux sont faciles d’accès, la communication avec les gens via les médias sociaux n’est pas toujours aussi facile que cela. “En théorie, les médias sociaux ont nivelé le terrain de jeux afin que tout le monde puisse participer, partager du contenu, attirer l’attention sur ce qu’ils affichent. Et pourtant, dans la réalité, ça ne marche pas comme ça. Le contenu qui attire l’attention – celui qu’on ajoute à ses favoris, celui qui est apprécié et repartagé – n’est pas méritocratique.”

Le contenu qui est embarrassant, humiliant ou grotesque se répand bien plus rapidement que celui qui est sincère. Tout comme la peur a toujours servit à vendre des journaux, elle attire aussi les gens en ligne. Des techniques (comme les listes, les mèmes…) permettent d’obtenir plus d’attention dans un monde surchargé d’informations. Dans un monde de plus en plus médiatisé, les gens doivent élaborer des stratégies complexes pour gérer et traiter les grands flux d’information auxquels ils ont accès. L’expérience des médias sociaux varie fortement selon l’usage qu’on en a, rappelle la chercheuse. La plupart des gens suivent des gens qu’ils connaissent, respectent ou dont ils sont curieux. Leurs réseaux sont façonnés par la race, la classe sociale à laquelle ils appartiennent, la religion, la géographie, la langue… qui agissent comme autant de bulles de filtres. Nous voyons tous Instagram différemment. Mais la visibilité de ce que l’on publie varie tout autant. Si vous avez 7000 followers sur Twitter, cela ne signifie pas qu’ils lisent tous chacun de vos tweets. Selon le nombre de personnes que vos followers suivent, la probabilité de vous lire varie. Si votre mère ne suit que 3 personnes et se connecte tous les jours, il y a de fortes chances qu’elle lise tous vos messages, mais si celui qui vous lit suit des milliers d’individus, vos tweets resteront une aiguille dans une meule de foin. Même les messages destinés à des utilisateurs spécifiques deviennent de plus en plus délicats quand certains utilisateurs très populaires en reçoivent des milliers par jours…

Parce que les médias sociaux peuvent être écrasants, des services comme Facebook travaillent pour que le contenu soit adapté à vos besoins. Leurs algorithmes déterminent quels messages vous seront lisibles dans les flux de vos relations. Si les contenus que vous y publiez ne semble pas convaincant à ces algorithmes (liens populaires, images, références à des marques…) ou si votre contenu n’attire pas de commentaires, Facebook ne le montrera pas à vos relations. Pour danah boyd, les algorithmes de Facebook ont ainsi tendance à renforcer des préjugés existants. Pour mieux servir vos contenus, Facebook a besoin de connaître vos goûts…

Tout cela créé des complications importantes pour les organisations qui cherchent à faire passer leurs messages. Or, sur Facebook, à moins de payer, moins de 1 % de ceux qui suivent une page s’en voient présenter le contenu !

“Les médias sociaux ont mis en place un nouveau paysage médiatique”, dont tout le monde ne maîtrise pas le fonctionnement.

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