Comment rendre la ville aux femmes – Télérama

“Il faut rebattre les cartes de la ville. En se rappelant que la testostérone est hégémonique bien avant l’âge des sorties entre ados. Dès l’école élémentaire, les petites se serrent dans les marges et les recoins de la cour de récréation tandis que leurs petits camarades occupent tout le centre. Au collège, les adolescentes délaissent les loisirs proposés par les municipalités ou les associations subventionnées — elles ne représenteraient qu’un tiers environ des bénéficiaires de l’offre sportive. La faute à qui ? « On attribue aux filles le choix de ne pas fréquenter ces lieux », observe Yves Raibaud. Pour preuve, ces propos recueillis lors d’entretiens réalisés auprès d’animateurs socio-culturels, d’élus et de responsables des politiques jeunesse : « Les filles sont plus mûres, elles ­savent mieux s’occuper, elles préfèrent rester chez elles. » Ou encore : « On ne peut pas forcer les filles, c’est leur affaire. » De là à concentrer les investissements sur les loisirs virils, il n’y a qu’un pas, vite franchi par des élus persuadés de canaliser ainsi la violence des jeunes.”

La ville a besoin d’inventer des équipements moins sexués et éviter que l’action publique ne contribue au renforcement des stéréotypes, explique Marion Rousset de Télérama qui propose l’idée de gender budgeting, une stratégie qui consiste à évaluer les budgets publics sous l’angle du genre pour rééquilibrer les dépenses en faveur des femmes. Des ludothèques plutôt que des Citystades, des patinoires plutôt que des terrains de foot, des agrès plutôt que des paniers de basket ? Toute la difficulté est de favoriser les filles sans se complaire dans la culture girly.

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