Gouvernance, le management totalitaire – L’Hubservatoire

Bruno Caillet de l’agence le Hub livre un passionnant retour sur l’ouvrage du philosophe Alain Deneault, Gouvernance, le management totalitaire. La gouvernance a-t-elle d’autre logique que de renforcer la privatisation de toute chose ? Derrière sa dynamique d’optimisation, elle a pour but d’appliquer les principes de management et de marchandisation à l’organisation même de l’Etat. Le mode projet et la gouvernance substituent l’évaluation chiffrée et l’intérêt de quelques-uns aux desseins communs.

“Si clairement la chose publique, les dépenses notamment, doivent être pensées de manière plus rationnelles, peuvent-elles l’être selon des normes principalement édictées par des acteurs privés  ? Ces derniers n’ont in fine qu’une visée selon l’auteur : prolonger la situation de crise pour déstructurer tout principe d’État. Et donc renforcer leur pouvoir ?

Le cœur de la démonstration de Deneault est que la gouvernance, et ses corolaires comme la démocratie participative, enterreraient le contrat social pour proposer une solution de contractualisation plurielle et de délibération perpétuelle. Dans les faits un tel type d’organisation serait tronqué par nature. Si sur le papier, la chose est séduisante, dans les faits, la gouvernance ne vise pas la chose commune mais des choses circonscrites aux intérêts respectifs de quelques uns. On se réunit dans un programme de gouvernance pour servir un intérêt identifié et édicter les normes capables d’atteindre un objectif visé. Toute voix contraire, empêchant d’atteindre cet objectif, ne pratique pas « la bonne » gouvernance et s’exclue donc d’elle même. Ceux restants autour de la table de la gouvernance, étant les experts en toute chose, ne travaillent pas à avoir raison, puis ce qu’ils sont dépositaires de la raison. Raison leur permettant de poser des règles de gouvernance et d’élaborer les normes appuyant leur propre raison, raison appuyée sur une somme d’intérêts fédérés et non communs. Ainsi le premier problème de fond de la gouvernance est que : «  C’est toujours d’emblée en fonction de structures arrêtées de pouvoir qu’on définit ce que dialoguer veut dire ». Le pouvoir étant généralement du côté de l’optimisation économique, toute partie prenante préfèrera participer à un consensus que de risquer d’être simplement exclue.”

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