Un étudiant, ça juge… énormément ! – Eduveille

Laure Endrizzi a raison. Les étudiants ne cessent de juger leurs professeurs. Ils votent avec leurs pieds, en désertant les cours inintéressants ou inutiles. Pourtant, l’évaluation instituée, via des questionnaires anonymisés, n’est pas très répandu, estime la chercheuse en science de l’éducation qui vient de livrer un dossier sur le sujet (.pdf)

“Mais il n’est pas rare que l’on préfère l’implicite et le spontané à l’institué… et quand l’institué existe, il prend des formes tellement bureaucratiques, que les effets en sont nécessairement amoindris.  Parce que le préjugé sur le fait que les étudiants ne sont pas des interlocuteurs fiables est tenace et que le risque d’exacerber une relation clients – prestataires est réel… Parce que les enseignants(-chercheurs) tendent à brandir leur “liberté pédagogique” dès qu’il est question de les évaluer sur leur activité d’enseignement, pour laquelle d’ailleurs ils ne sont généralement pas formés et qui ne compte pas dans leur carrière.”

Quand est-ce que les établissements se soucieront-ils de l’avis des étudiants ? L’évaluation peut pourtant permettre de mieux comprendre ses forces et ses faibles et être un levier pour améliorer ses pratiques, pour autant qu’elle ne soit pas une routine stéréotypée, mais soit porteuse de sens, d’une dynamique d’amélioration. Bien sûr, comme le soulignait une étude récente, l’évaluation des étudiants a un biais : les meilleurs professeurs ne sont pas toujours les mieux notés. Mais cela montre juste que l’évaluation des professeurs ne doit pas être la seule mesure prise en compte. Comme le soulignait le sociologue des sciences Yves Gingras dans un excellent article pour la Vie des idées, portant sur l’évaluation de la recherche plutôt que de l’enseignement, l’évaluation ne s’improvise pas et la mise au point des indicateurs demeure partout une opération délicate. 

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