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Ce qu’est véritablement la Fing !

« La Fing est un projet collectif et ouvert de veille, de recherche-développement et d’expérimentation dont l’objet (…) » : voilà un couplet que nombre d’assidus d’Internet Actu nouvelle génération et du site de la Fing ont le loisir de retrouver régulièrement en dernière page du dossier de presse d’un évènement ou autre document d’adhésion. Vous croyiez bien connaître l’Association pour la Fondation Internet nouvelle génération ? En ce premier numéro d’avril 2004, l’heure est aux révélations.
En surfant sur http://www.fing.co.jp, force est de constater que la Fing n’est pas un projet aussi ouvert que l’on veut bien le croire puisqu’elle utilise parfois un langage codé, indescriptible, proche de la langue du pays du Soleil Levant. Probablement a t-elle des choses à cacher à ses membres…
« Sérieuse, fédératrice, orientée TIC ? » Pas du tout ! La vocation première de la Fing n’est pas de réfléchir à l’internet de demain, mais bien de dessiner des petits bonhommes absolument banals et de les mettre en ligne sur http://missing-moon.com/humour/fings/finghome.html. Ils en ont même fait un nom commun : quelques « Fings » à faire ? (http://missing-moon.com/humour/fings/fings34.html), ou un couple de « Fings » (http://missing-moon.com/humour/fings/fings1b.html). Est-ce vraiment sérieux ? Et que l’on ne s’étonne pas après que l’équipe soit « surbookée » !
Mais continuons le cheminement. Un site de traduction allemand http://www.dict.cc/?s=fing nous révèle que le mot « fing » n’aurait aucun rapport avec l’internet nouvelle génération puisqu’il serait dérivé du verbe « fingen » signifiant « trouver ». N’est-il pas présomptueux de se définir en tant que « projet de recherche » quand on s’appelle « trouver » ?
Nous ne sommes pas au bout de nos surprises… Si l’on en croit l’Acronym Finder, Fing signifierait « Financial Group » (http://www.acronymfinder.com/af-query.asp?p=dict&String=exact&Acronym=FING), ce qui cadre mal avec la vocation non-lucrative de l’association.
En effet, pas une trace, pas un lien, pas une allusion dans l’ensemble des précédentes lettres de la Fing, à la production grand écran intitulée « Fing’s Raver », co-produite par la Fing et une maison de production (dont nous tairons le nom…), signée du réalisateur mandarin Sherman Wong Jing-Wa. Une preuve ? Le film est disponible en DVD à cette adresse : http://www.chinesetapes.com/movie_chinese/fings_raver.html.
Autre bizarrerie : l’existence d’un Trevor Fing, dont le nom ne figure dans aucun crédit de la Fing (http://www.freedomlinks.com/trevorfing.htm). Est-ce le véritable nom du délégué général (Daniel Kaplan) dont on murmure qu’il n’est en fait qu’un « puissant système de classification couplé à un organiseur, un gestionnaire de contacts et un gestionnaire simplifié de documents » (http://www.metagenia.net) ?
Mais le plus troublant reste assurément ce lien, qui dira tout des véritables activités de la Fing : http://www.sbbe.gr/index.asp?Lang=En . « Federation of Industries of Northern Greece ». Le consul français d’Athènes s’est refusé à tout commentaire sur cette information.
En vérité, il semble que les activités de la Fing soient plus troubles qu’on ne le laisse souvent entendre… Charge à chacun de rester vigilant.
Reno Francou

Les outils informatiques qui favorisent l’intelligence collective

La notion d’intelligence collective implique celle de communication, de collaboration et de partage de la connaissance qui va émerger des interactions et des réflexions menées par des groupes d’individus. Celles-ci vont emprunter une multitudes d’outils, de réseaux pour se rencontrer. Sans vouloir faire une liste exhaustive, celle présentée ici par le groupe intelligence collective de la Fing permet néanmoins de clarifier les potentiels de communication et de collaboration offert par les réseaux informatiques.

Le Media Lab du MIT

Par Pascal Chesnais, France Télécom R&D

Mon premier contact avec le Media Lab du MIT a eu lieu il y a un peu plus de 20 ans, quand je travaillais moi-même pour un laboratoire de recherche en France. Nicholas Negroponte me montra les plans d’un nouveau bâtiment dessiné par Ieoh Ming Pei, qui devait abriter le Media Laboratory. Il a ouvert ses portes en 1985 et l’année suivante, j’en suis devenu l’un des étudiants. Par la suite, je suis resté dans l’équipe de recherche et j’y ai fait ma thèse de doctorat. Pendant 13 ans, j’ai vu grandir le Media Lab de plusieurs façons. Aujourd’hui, je travaille au laboratoire de R&D de France Télécom à Boston, et je continue à intervenir pour le Media Lab en tant que sponsor. C’est avec cet angle de vue multiple que j’écris cet édito.

Le Media Lab est situé à l’intérieur du campus du MIT. Cet environnement académique permet d’attirer de multiples talents des quatre coins du monde. Le Media Lab bénéficie d’une position unique au MIT car c’est à la fois un centre de recherche interdisciplinaire et un programme d’enseignement. L’interdisciplinarité signifie qu’il peut accueillir des étudiants dont les parcours sont très variés, et il en va de même pour les professeurs, qui viennent des sciences traditionnelles (physique, biologie, chimie), de l’ingénierie (informatique, holographie…), des arts (graphisme, cinéma…) ou des sciences cognitives. Le Media Lab est le seul centre de recherche du MIT qui a un programme diplômant. C’est une des recettes du succès que le regretté Jerome Weisner (ancien président du MIT) et Negroponte ont concocté quand ils ont co-fondé le Media Lab.

Le Media Lab est organisé en une vingtaine de petits groupes de recherche, dirigés par des chercheurs émérites. Chaque groupe contient six ou sept étudiants dont le cursus est financé au MIT. Ces groupes sont également enrichis par la présence d’autres étudiants (maîtrise) qui participent à temps partiel aux recherches menées. Trois ou quatre groupes partagent des locaux communs, au sein du bâtiment de quatre étages. Le principe est de mélanger des profils différents pour que de nouvelles idées apparaissent spontanément entre les différentes disciplines. Le laboratoire est ouvert 24h/24 aux étudiants et à l’équipe de recherche. Il n’est d’ailleurs pas inhabituel de constater une activité frénétique après minuit. Au Media Lab, la principale activité consiste à fabriquer des choses nouvelles, et la structure le permet, via des équipements haut de gamme destinés à fabriquer sur place tout ce qu’on peut imaginer.

Une saine rivalité existe entre le Media Lab, qui est situé dans l’école d’architecture, et son équivalent au sein de l’école d’ingénierie : le LCS-AI Lab (devenu le Csail, Computer Science and Intelligence Artificial Laboratory). Le fait d’être à l’intérieur de l’école d’architecture permet au Media Lab d’être centré sur les relations entre technologies et personnes, plutôt que de chercher à réaliser des solutions optimales en matière d’ingénierie. Le Media Lab tire partie de la diversité intellectuelle du MIT. Il propose des programmes communs avec des laboratoires d’ingénierie et l’école de Sloan (l’école de Management du MIT). Cela permet aux travaux menés au Media Lab de bénéficier de l’expérience d’ingénierie ou de l’expérience commerciale de ces départements.

Le financement du Media Lab provient de sponsors industriels et de fonds gouvernementaux. Les sponsors peuvent s’impliquer à différents niveaux, le plus souvent en devenant membre d’un consortium, comme « Digital Life« , « Things That Think » ou  » Information : Organized« , qui sont centrés sur des thèmes de recherche qui intéressent directement les industriels. En plus de réunions régulières, les sponsors peuvent rencontrer les chercheurs seul à seul. Ils ont également accès, sans avoir à payer de royalties ou de licences, à la propriété intellectuelle produite durant la durée de leur soutien. Les gros sponsors ont aussi une équipe de recherche présente dans les locaux, à l’intérieur du Media Lab.

Ce sont tous ces éléments qui contribuent au succès du Media Lab. Comparé à la R&D industrielle, le Media Lab est un endroit où l’on peut prendre des risques, puisque cela correspond à la mission académique du MIT d’explorer de nouvelles idées. Les étudiants et les chercheurs sont en prise directe avec les sponsors et peuvent mettre leur travail en perspective très rapidement. Cette capacité à effectuer des démonstrations à de vastes audiences est affectée d’un surnom, « Demo or Die » (faire une démo ou mourir), par contraste entre l’approche du laboratoire et la communication universitaire traditionnelle, « Publish or Perish » (publier ou périr). Les sponsors peuvent rapidement identifier les tendances innovantes et importantes pour leur secteur d’activité et les transférer à leur département R&D pour les industrialiser.

Le succès du Media Lab peut se mesurer aux résultats de recherche publiés, aux thèses, aux contributions aux standards mondiaux, ou aux dépôts de brevets. En outre, les diplômés du Media Lab entrent dans de prestigieux laboratoires de R&D industriels, ou créent des entreprises qui conçoivent des produits innovants.

Au sein du laboratoire R&D de France Télécom à Boston, Pascal Chesnais dirige l’un des groupes de recherche consacré aux interactions de l’utilisateur augmentées d’un contexte personnel, comme des informations relatives à la localisation. Les activités de recherche sont centrées sur la conception de prototypes d’expériences avancées qui peuvent provenir des autres unités France Télécom – Orange, Wanadoo ou téléphonie fixe. Elles illustrent l’opportunité pour un opérateur d’intégrer ligne fixe, ligne mobile et accès internet.

Avant de rejoindre France Télécom, Pascal Chesnais avait fondé et assurait la direction technique de MessageMachines, une jeune pousse basée à Boston, spécialisée dans les services et applications de messagerie avancées. Avant cela, il avait obtenu son Master et son doctorat (Ph. D.) au Media Lab du MIT, après des recherches dans le domaine de la publication électronique et le streaming vidéo. Deux de ses principaux projets au MIT étaient FishWrap, l’un des tout premiers services d’actualités personnalisées sur le web, et Canard, une plate-forme de messagerie communautaire.

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Qu’est-ce qu’un blogue ? Que sont ces drôles d’outils qui permettent de publier ses humeurs aussi simplement que d’envoyer un mail ? Comment s’aggrandit cette communauté d’utilisateurs ? Quels types d’outils utilise-t-elle pour quels types d’usages ? Voici quelques-unes des questions que nous avons essayé de nous poser en préparant ce dossier.